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Historique


La plage Charbonneau
par Jean-Louis Roy

’il est un endroit qui était des plus connus des jeunes de St-Charles c’était bien la plage Charbonneau. La nature en créant la rivière Mastigouche et ses méandres avait réservé une belle plage de sable tout près du village, avec un bassin d’eau juste assez grand dans son élargissement, très peu profond au bon endroit pour la traversée des tout petits et plus profonde dans un simili-remous permettant d'installer un plongeoir artisanal tout près de la rive.


Kenneth Charbonneau en compagnie de jean-Louis Roy
La nature s’était montrée généreuse à cet endroit protégeant les baigneurs dans un demi-cercle de côtes abruptes, qu’ils fallait descendre et remonter après la baignade. Bien pourvu d’arbres et d’arbustes à cet endroit, cela nous permettait une certaine intimité pour changer de vêtement.

Le propriétaire des lieux avait opéré un moulin à scie utilisant l’eau de la rivière pour transporter les billots et pour l’énergie nécessaire au sciage. Mais c’était au début du siècle et il avait trouvé plus utile de rapprocher le moulin des billots et avait relocalisé ce dernier toujours sur la Mastigouche, mais plus près de la forêt. Le démantèlement partiel du moulin avait agrandi l’aire de baignade et avait donné accès au dit barrage.

La permissivité du propriétaire en avait fait un petit paradis pour nous les jeunes et les moins jeunes qui en ont profité jusque dans les années soixante-dix. Des générations de jeunes ont appris à nager dans cette rivière sous la surveillance des plus grands. On y venait en famille, en couple ou en groupe et on pratiquait toutes les nages vraiment libres, même celle du chien qui était une nage de survie.

Rappelez-vous, nous n’avions pas d’instructeur diplômé ni de surveillance et pour nous retenir des faux pas, les promesses faites à nos parents. Plus d’une fois nous avons grillé des poissons sur la braise que l’on mangeait avec nos doigts. Après avoir bien mangé, nous ne pouvions pas nous baigner tout de suite, alors nous prenions plaisir à décorer tout notre corps de glaise qui était en abondance à cet endroit (nous prenions soin de notre peau même dans ce temps-là). Avec notre corps garni de glaise, nous formions des groupes d’indiens, des bons et des méchants courant avec l’énergie des jeunes années. Mais centrés sur l’eau, tout commençait par le bain et finissait par le bain en alternance avec les bans de sable chaud. C’était les années sans souci, la vraie vie quoi! Nous n’avions qu’une ambition, apprendre à nager et ensuite maîtriser le plongeon comme certains des plus grands.

Durant toutes ces années et je touche du bois… aucun incident fâcheux ne s’est produit. Le Créateur, dans sa grande sagesse, veillait sur nous.